Faut-il vraiment se nicher pour réussir dans son business ? Avec Julia Coudert

12 mai 2021
Doriane Baker

En business, on dit souvent qu’il faut se nicher pour réussir, c’est-à-dire être ultra spécialisée dans une thématique très précise et surtout avoir une seule cible bien définie. Cependant, beaucoup d’entrepreneurs nous démontrent qu’il est possible d’avoir un business qui rencontre le succès, sans être super niché ou même avec plusieurs cibles.

C’est quelque chose qui est souvent recommandé. Ce n’est pas forcément vrai et il y a plusieurs choses à prendre en considération. C’est Julia, de chez i don’t Think I feel, qui vient aujourd’hui te parler de son business : elle a plusieurs cibles, ne s’est pas vraiment nichée et pourtant, de micro entreprise elle est passée en SAS avec son associée Julie et à elles deux, elles cartonnent !

Belle écoute !

Enregistre cet article pour plus tard

faut il se nicher pour réussir en business

L’histoire de Julia

Son parcours

Julia a connu un parcours scolaire plutôt classique, car elle pensait que c’était le seul qui existait. Elle ne connaissait pas ce plan B qu’était l’entrepreneuriat. Elle a commencé par un BAC STG puis un BTS en tant qu’assistante de gestion PME/PMI. À l’issue de ce BTS, elle souhait aller plus loin et creuser d’avantage le côté Ressources humaines, tout ce qui touchait à la gestion, au recrutement et le côté humain.

Elle s’est orientée dans un bachelor en alternance et ce fut une grosse désillusion. Elle n’imaginait pas le salariat de cette façon et s’est sentie comme engloutie dans l’entreprise dans laquelle elle travaillait. Elle avait ce souhait profond de donner du sens à son travail et c’est ainsi qu’elle est partie et s’est lancée dans une autre aventure.

Cela fait écho à mes premiers pas dans l’entrepreneuriat, entre mon parcours scolaire qui ne fut pas un réel plaisir et mes premières expériences dans le salariat. 

Comment a commencé sa microentreprise

Pendant plusieurs mois, elle n’était pas en activité, mais elle a su saisir des opportunités comme travailler en tant que freelance pour un photographe agréé Google. C’est ainsi qu’elle a commencé à poser les premières pierres de sa vie en tant qu’entrepreneure en créant sa microentreprise.

Grâce à cette collaboration, elle s’est rendu compte que les entreprises pour lesquelles travaillait le photographe (hôtel, restaurant…) pour mettre en place des visites virtuelles de leurs établissements avaient des points négatifs dans leurs campagnes de communication.

À ce moment-là, Facebook connaissait un gros boum avec leurs pages et elle a profité des démarchages de Google Business View pour aider ces mêmes entreprises à mieux communiquer, à faire moins de fautes et avoir des photos plus nettes et professionnelles.

Les premiers pas d’un business florissant

La naissance de I don’t Think I feel

Julia s’est donc lancée comme social media manager. Elle faisait principalement du community management uniquement sur Facebook, pendant 4 ans. Avec l’évolution des habitudes des utilisateurs, elle a switché naturellement sur Instagram et a continué pendant plusieurs années.

C’est depuis l’été 2019 où la gestion de la communication de ses clients a évolué. Elle est devenue beaucoup plus globale : articles de blog, newsletter, posts sur les Réseaux sociaux…

Le passage de microentreprise à SAS

Avec les missions clients qu’elle accumulait, Julia allait exploser le plafond de CA autorisé par la microentreprise. C’est ainsi que la question du statut juridique se posait. Elle se retrouvait donc un peu au pied du mur, d’autant plus qu’elle ne se voyait pas du tout créer une société toute seule. Son intuition l’a énormément aidée et son passage en société s’est fait à l’aide de son associée et amie, Julie.

Comment trouver son associée

Julia a rencontré Julie dans un coworking où elle travaillait pour un client en commun. Leurs missions étaient bien définies et ne se croisaient pas. Elles ont tissé des liens et sont devenues amies. Petit à petit, elles se sont rendu compte que leurs compétences se complétaient (la rédaction web pour Julie et l’animation de réseaux sociaux pour Julia). Proposer une prestation de communication à 360° à des clients en combinant leur expertise était devenu une évidence. C’est ainsi qu’au bout d’un an et demi voire 2 ans, elles ont officialisé (comme un mariage) leur collaboration en créant leur société à deux.

Se nicher pour réussir : une stratégie comme une autre

Se nicher est une stratégie comme une autre. Ne pas le faire est un choix en fonction de son business model. Dans le cas de Julia, elle n’a pas vraiment choisi deux cibles. Auparavant, elle ciblait les clients qui allaient faire appel à ses prestations de community managemer. Mais une fois que l’aventure I don’t think I feel s’est lancée, le fait d’avoir plusieurs niches s’est présenté.

Avoir plusieurs niches : les avantages et inconvénients

Avoir plusieurs cibles demande beaucoup plus de travail, surtout au niveau de la communication. Au début, elle n’avait pas calculé la difficulté et c’est bien après qu’elle s’est rendu compte des inconvénients de cette stratégie :

  • avoir 2 cerveaux : pour arriver à switcher entre les deux et compartimenter dans sa tête ce qui concerne le business A et le business B ;
  • bien gérer son planning : une organisation est nécessaire pour ne pas bâcler l’un au profit de l’autre
  • communiquer efficacement : arriver à jongler entre les 2 clients idéaux différents, les contenus différents.

Julia a vite compris qu’être deux n’était pas de trop. Cependant, ce type de stratégie présente aussi son lot d’avantages.

  • le business A nourrit le business B : le fait de gérer un business comme CM lui a appris énormément de choses qu’elle peut implémenter dans l’autre business ;
  • pouvoir faire des expérimentations : elle teste des stratégies sur ses propres réseaux qu’elle peut proposer à ses clients par la suite ;
  • avoir des journées très diverses : les 2 niches lui permettent d’avoir des challenges et des objectifs différents, lui offrant des journées très riches.

Ne pas se nicher : frustration chez les futurs entrepreneurs

Lorsque Julia s’est lancée dans l’entrepreneuriat, elle ne connaissait rien à la stratégie de contenu, au client idéal et au calendrier éditorial. Elle a suivi son intuition à 80 % du temps. Lorsqu’il a fallu se spécialiser à force de voir partout qu’il était important de se nicher, il fallait donc qu’elle soit CM sur une branche en particulier (pour des établissements de bien être ou des restaurateurs par exemple). Elle avait l’impression que cela lui fermerait des portes et a donc décidé de tout tester et de choisir plus tard.

Aujourd’hui, elle n’a toujours pas fait de choix : ne pas se nicher lui a permis de varier les stratégies en fonction des clients, de vivre des expériences enrichissantes et de s’épanouir.

Je discute souvent avec des entrepreneurs ou des personnes qui veulent se lancer, en se disant qu’il faut absolument se spécialiser. Pour certaines personnes qui sont passionnées par un domaine, cela fonctionnerait. Se nicher est une stratégie comme une autre et il faut se demander si cela correspond à ses convictions, envies, valeurs…

L’évolution de I don’t Think I feel

Les projets pour 2021

Dû à ce non « nichage » et cette diversité, Julia a décidé de fermer les portes aux clients en B2B. Avec Julie, elles ont leurs clients chouchou et si elles décident d’en prendre d’autres, il va leur manquer du temps pour bien faire leur travail. Ce temps libéré leur permettra d’aller vers de nouveaux horizons.

L’importance des données et des chiffres

Julia a lancé sa formation sur Notion instinctivement et cela a fait un carton plein. Il y a 2 ans et demi, elle avait déjà fait une formation sur l’organisation avec Trello et qui avait également fonctionné. Ce qui lui a permis de rencontrer ce succès, cela a été d’identifier le besoin de son audience sur l’instant T.

Julia avoue que c’est le seul moment où elle s’est permis de faire quelque chose qui sortait du cadre, qui n’était pas réellement posé et réfléchi.

Aujourd’hui, elle ne prend plus vraiment ce genre d’initiative depuis qu’elle est passée en société : on ne peut plus vraiment s’amuser avec ce genre de statut. Cette situation est due au fait qu’elle se retrouve, avec Julie, à brasser beaucoup d’argent (à leurs yeux) et qu’elles ne peuvent pas prendre de décisions simplement sur des coups de tête.

Elles doivent davantage faire attention aux chiffres, aux statistiques, analyser les retours. Julia ne veut pas exclure définitivement l’intuition dans son quotidien d’entrepreneur, mais elle prend de moins en moins de place.

Même au tout début d’une activité, il est important de savoir analyser ses chiffres. Il faut savoir trouver un bon équilibre entre son intuition et le côté plus stratégique.

Les conseils quand on a plusieurs cibles

Bien compartimenter sa vie professionnelle selon le nombre de cibles

Arriver à bien compartimenter sa vie professionnelle sera très important si tu choisis de t’adresser à plusieurs cibles. Que ce soit au niveau de ta to-do-list, de tes objectifs et de ton planning, il sera nécessaire d’arriver à t’organiser, car c’est la fondation même d’un business. Tu peux prendre un outil pour t’aider et même si au départ tu ne sais pas trop comment faire, il faut avoir la volonté pour arriver à te concentrer et effectuer tes tâches.

Être rigoureux et savoir bien se concentrer

Après t’être organisée, il faudra atteindre une certaine rigueur pour rester concentrée, surtout par rapport à ta communication. Lorsque tu as plusieurs cibles, Julia te conseille d’avoir des blocs de temps dédiés pour chacune de tes cibles. Dans son cas, elle fait tout ce qui est community management le matin et s’occupe de son blog l’après-midi. Cette façon de procéder lui permet de faire une sorte de réinitialisation le midi pour mieux se concentrer.

S’inspirer de ses différents business pour injecter les bonnes choses dans l’un et l’autre

Lorsque l’on a plusieurs cibles, même s’ils sont différents, il y a forcément des points d’ancrage qui vont les relier les uns aux autres. On peut utiliser des choses du business A pour alimenter le business B et inversement. C’est profiter des brèches communes qui fonctionnent chez l’un pour les injecter dans l’autre. Cependant, il faut arriver aussi à lâcher prise et ne pas se sentir frustrée si les choses ne s’adaptent pas.

Julia nous partage ainsi son mantra « quality is the best business plan ». Il faut tout faire avec le maximum de ses compétences pour être fier de ce que l’on fait. Pour elle, la base c’est de créer des contenus de grande qualité, issus de nos connaissances et expériences.

 

 

 

 

Se nicher pour réussir dans son business reste une stratégie à part entière. Il ne faut donc pas se frustrer et se dire que c’est l’unique possibilité pour réussir son business. Julia nous donne un aperçu de son évolution en tant qu’entrepreneure et nous démontre le contraire. Elle ne s’est pas nichée et pourtant son business prend de l’ampleur et est passé par différentes étapes pour y arriver :

  • passer du salariat à l’entrepreneuriat ;
  • se lancer en freelance en animation sur les réseaux sociaux ;
  • rencontre avec son amie et associée ;
  • mise en place d’offres en communication plus complémentaires ;
  • lancement de formations en ligne et membership ;
  • création de leur société en SAS.

Cependant, s’adresser à plusieurs cibles est enrichissante mais il faut être prêt à faire face à certaines difficultés. Et pour bien s’y préparer, elle te donne quelques conseils :

  • bien compartimenter sa vie professionnelle en fonction du nombre de cibles ;
  • être rigoureux afin de bien se concentrer ;
  • s’inspirer de ses différents business pour injecter les bonnes choses dans l’un et dans l’autre.

Tu peux retrouver Julia et Julie sur leur blog ou alors sur leur Instagram @i.dont.think.i.feel et sur @julie.saycheese.

 

faut il se nicher pour réussir en business

Pin It on Pinterest