Comment développer son leadership ? Avec Emilie Auvray, coach de leader

18 août 2021
Doriane Baker

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Souvent, on dit que le leadership est quelque chose d’inné, de naturel. Pour beaucoup de personnes, cela peut-être le cas, mais c’est aussi quelque chose qui se travaille, même pour celles qui ont déjà ça en elles. Personne ne naît en parfait leader. Même les meilleurs ont dû travailler sur eux-mêmes, se remettre en question, s’améliorer et parfois même se faire accompagner afin de révéler leur leadership.

Dans d’autres cas, certaines personnes pensent qu’elles n’ont pas du tout de leadership, alors qu’en réalité, il est simplement enfoui en elles, à cause d’une enfance ou éducation qui l’a oppressée.

Dans cet épisode, on approfondira le sujet en compagnie d’Emilie Auvray, qui nous en dira plus sur la façon de développer son leadership, qu’importe la situation dans laquelle tu te trouves.

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Qu’est-ce qu’un leader ?

Quel est le rôle d’un leader ?

Dans le dictionnaire, on s’aperçoit que le leader est celui qui a une fonction de chef, celui qui mène l’idée et qui a une influence sur les autres. Pour Emilie, il s’agit d’une personne qui ose faire un pas, qui avance, qui a confiance en elle et qui a une certaine forme de courage. En partant de cela, on comprend qu’un entrepreneur est forcément un leader. Cependant, il y a la notion de « leader de soi », d’être soi, de faire un pas et d’avancer, mais aussi la notion de « leader des autres ».

Lorsque l’on demande à un leader de faire preuve de leadership justement, cela signifie de guider les autres correctement, de se connaître, d’atteindre des objectifs, de connaître les compétences que l’on a afin de mettre en place des projets. Emilie nous explique également qu’il y a autant de leadership qu’il y a de personnes sur Terre.

Les différents types de leadership

Emilie nous mentionne le livre « De la performance à l’excellence » qui traite des différents niveaux de leadership, qui iraient de 1 à 5.

Le premier représente le leader que l’on rencontre très souvent, qui mène des troupes et qui a une vision claire. Mais, plus on monte de niveaux, jusqu’au 5, plus on arrive à cette personne qui fait preuve d’une grande authenticité et d’humilité. Et cette dernière qualité définit le leader qui est complètement abouti. C’est celui qui regarde par la fenêtre et qui applaudit ceux qui ont fait le travail. Il soutient des projets qui le dépassent, des causes qui font sens et il va plus loin que sa simple personne et de son égo.

Ce qu’il faut comprendre c’est que dans le leadership, il peut y avoir des formes très douces, voire introverties ; il existe de grands leaders qui le sont. Peu importe le type de personnalité, le leadership est quelque chose qui est propre à chacun et peut être puissant, même lorsque l’on ne fait pas de bruit.

Comment développer son leadership dans son entreprise ?

Prendre conscience

La première étape pour développer son leadership est de partir de la base : il faut prendre conscience du courage dont on fait preuve. L’entrepreneuriat demande du courage pour traverser cette passerelle entre l’idée et sa réalisation. Emilie félicite ceux et celles qui passent à l’action, car ce que l’on accomplit est exceptionnel selon elle. Cette prise de conscience sur l’action réalisée est nécessaire pour observer la beauté du chemin que l’on parcourt.

Prendre conscience que l’on a osé son leadership permet de prendre conscience de soi. Développer son leadership, c’est se développer soi-même, développer son estime de soi. C’est ce qu’Emilie appelle la sécurité ontologique. C’est une forme d’acceptation de soi la plus totale, d’accueillir tout ce que l’on est : sa vulnérabilité, ses imperfections, ses qualités. C’est un point essentiel pour développer son leadership, son entreprise et ses projets : il faut croire en soi.

Surmonter les blocages

Il y a des spécificités que l’on retrouve autant chez les entrepreneurs, les dirigeants et les autres formes de leadership. Emilie nous donne quelques blocages qui pourraient survenir et empêcher le développement de son leadership.

  • l’estime de soi : l’aspect plutôt identitaire, la reconnaissance interne et/ou externe de soi ;
  • le sens : qu’est-ce que l’on fait qui fait sens pour soi, pour les autres ;
  • la solitude : l’entrepreneur en souffre souvent, même s’il peut être bien entouré ;
  • ne pas se sentir compris : surtout de son entourage très proche ;
  • être fantasmé : cela concerne le leadership des influenceurs, ou cela peut aussi être le fait de se fantasmer soi-même ;
  • le manque de recul ;
  • le syndrome de l’imposteur ;
  • le complexe de la langouste : cela arrive à beaucoup de leaders qui se construisent par rapport à l’image qu’ils renvoient aux autres. Ils ne se construisent pas de l’intérieur et le jour où la carapace se casse, celle-ci est vide.

Pour réussir à passer au-dessus de ces blocages, il faut apprendre à s’accueillir soi-même. Cela peut prendre une vie entière. Cela fait 2 ans seulement pour Emilie, par exemple, mais elle souligne que c’est un magnifique cadeau que l’on fait à soi.

Les choses à mettre en place pour travailler son leadership

Emilie n’a pas de réels conseils ou de méthodes, car il n’en existe pas de préfaits. Cela va bien plus profondément que cela. C’est avant tout un travail avec et sur soi-même :

  • s’écouter ;
  • se respecter ;
  • prendre soin de soi ;
  • aller à son rythme ;
  • s’autoriser ;
  • s’accueillir.

 

Ce qu’elle met surtout en avant, c’est de se conscientiser soi-même, de se rendre compte de la valeur que l’on a et d’apprendre à se connaître. Si l’on est entrepreneur, il faut se dire que l’on est un leader, que l’on ose et que l’on a du courage. Ça s’appelle travailler sa reconnaissance interne et son estime de soi. Et si l’on en a besoin, on se fait accompagner. 

Comment faire pour être un bon leader pour les autres ?

Lorsque l’on commence à déléguer des tâches et se constituer une équipe dans son business, la question du leadership se pose. Emilie nous donne des pistes à travers 3 schémas et dans lesquels nos collaborateurs peuvent évoluer :

  • le cercle vicieux : la théorie X de McGregor démontre que le travail est « souffrance », qu’il va falloir contrôler et que la motivation réside dans l’argent ;
  • le cercle vertueux : contrairement à la première, la théorie Y de McGregor explique que le travail est source d’épanouissement et d’accomplissement ;
  • le porteur de sens : cela amène beaucoup d’autonomie à l’équipe, ce qui permet de la laisser développer ses talents. Le leader apporte la vision, le sens, le pourquoi, la cause. On peut ainsi aller beaucoup plus loin et atteindre des objectifs inimaginables en se positionnant dans ce schéma.

Le leader « responsable » doit se poser les bonnes questions : comment je veux que la personne en face de moi évolue ? Ai-je envie d’un mode de travail où elle se développe ou en imposer un où j’exercerai une forme de pouvoir et de contrôle ? Les deux premiers schémas sont tout à fait acceptables, même si beaucoup ont tendance à aller vers l’option de l’épanouissement au travail.

Se faire accompagner pour développer son leadership

Lien entre coaching, leadership et permaculture

Après son expérience au sein de Lush (là où je l’ai connue), Emilie s’est lancée dans l’entrepreneuriat, notamment avec son concept store, l’Appartement Français. Cela lui a permis de se rendre compte de la posture qu’elle devait prendre, en étant au contact avec pleins d’entrepreneurs : les accompagner à révéler leur potentiel et leur leadership.

Elle a fait une école de coaching dans laquelle l’un des principes de bases est le coaching en profondeur. Il s’agit d’aider la personne à trouver ses propres solutions. Son accompagnement est étroitement lié à une vision permacole. C’est une vision régénérative qui fait appel à ce qu’il y a autour de soi. Elle transpose aussi cette vision à d’autres domaines : l’économie, les relations sociales, l’entreprise…

Pour expliquer sa vision, il faut visualiser une plante qui pousse dans un jardin. Elle n’y est pas parce qu’on l’a plantée ou qu’on lui a mis de l’engrais : elle y est, car elle a choisi sa place et qu’elle s’y sent bien. Une autre, par nature, poussera à côté et là, elles s’embelliront l’une et l’autre. Par exemple, l’une tuera des insectes et l’autre aura besoin de l’ombre de la première plante. Elles vont se sublimer l’une et l’autre.

La permaculture est une méthode qui permet de nourrir la terre pour que la plante puisse émerger et prendre toute sa place dans son écosystème et favoriser cette symbiose. Et pour Emilie, il s’agit de la même chose en coaching : elle nourrit les racines de la personne pour qu’elle puisse émerger de toute sa splendeur au sein de son propre écosystème. Il y a la notion de libérer le potentiel, de faire grandir cette personne à partir de ses racines. Étant donné que l’on part des bases enfouies au plus profond de cette personne, son émergence est forcément décuplée.

Les Drivers : ces phrases que l’on entend petit

Emilie nous donne une dernière clé pour aller dans cette optique de développer son leadership. Elle nous parle ici des drivers. Ils sont constitués à partir de phrases que des adultes nous ont répétées durant l’enfance. Il s’agit des comportements que l’on a adoptés pour y répondre, pour préserver notre propre sécurité.

    • sois parfait ;
    • dépêche-toi ;
    • fais plaisir ;
    • fais des efforts ;
    • sois fort.

Ces 5 drivers sont descriptifs de ce que l’on est et il est intéressant de les conscientiser. Chacun d’eux a d’énormes qualités, mais aussi de grands blocages et de défauts.

Exemple avec le « fais plaisir » : on se consacre aux autres, mais pas à ses besoins. Ici, il faut se demander ce que l’on peut faire pour se recentrer sur soi pour encore mieux prendre soin des autres. C’est pourquoi cette introspection est importante. On déconstruit notre éducation afin de prendre ce qui nous convient aujourd’hui, à l’instant T. Il ne s’agit pas de la rejeter complètement, mais simplement se servir de ce qui nous permettra d’évoluer.

 

Pour Emilie, le leader est une personne qui ose faire un pas et qui a une certaine forme de courage. Un entrepreneur est donc forcément un leader, qui passe à l’action et réalise son idée. Il y a le fait d’être un leader « de soi », mais aussi d’être leader « des autres ». À partir de cela, Emilie nous indique qu’il existe autant de leadership qu’il y a de personne sur Terre. C’est quelque chose qui est propre à chacun, peu importe le type de personnalité.

Afin de développer son leadership, Emilie met énormément en avant l’importance de s’écouter, de conscientiser son courage, de s’accepter entièrement, de se rendre compte de la valeur que l’on a. C’est comme cela qu’on arrive à travailler sur soi, se construire, et pouvoir révéler son leadership. Il n’existe pas de méthodes ou de conseils préfet ; si l’on en ressent le besoin, il faut se faire accompagner.

Elle donne également la piste des 5 drivers, établis à partir des comportements que l’on a adoptés étant petits. En connaissant le ou les drivers qui nous correspondent le plus, on arrivera à prendre ce qui nous convient pour évoluer et travailler sur soi, sans pour autant rejeter son éducation.

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